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25 septembre 2010… 23.01hrs
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Alors que la nuit s’installe et que Schaerbeek s’endort, le bruit sourd d’une violente explosion réveille brutalement tout un quartier, et se fait à entendre à bien des kilomètres plus loin. Très vite de nombreux appels parviennent aux centraux téléphoniques des services de secours, faisant état d’une violente explosion dans le quartier Gaucheret, avec des dizaines de mort, des centaines de blessés, certains précisant qu’une station service a explosé. Le dispatching zonal dépêche instantanément plusieurs équipes sur place, l’officier de coordination et le superviseur se rendant également sur les lieux. Les premiers intervenants progressent dans l’obscurité, la cohue et un nuage de poussière étouffante. Leur premier bilan confirme l’extrême gravité de la situation. Plusieurs maisons se sont effondrées à l’angle de la rue Destouvelles et de la rue Gaucheret. Des dizaines d’autres maisons ont gravement souffert de la déflagration. De nombreuses personnes attendent les services de secours, restent à proximité du sinistre alors que le danger est encore bien présent et réel, une odeur de gaz se dégageant encore des décombres. Alors que les premiers intervenants ont de grandes difficultés à établir leur premier périmètre de sécurité et qu’ils tentent de libérer des voies d’accès pour les services de secours, le dispatching, réalisant la situation chaotique sur place, informe le chef de zone et les responsables des directions et unités d’appui, qui rejoignent en urgence la zone de police pour y exercer leurs missions décrites dans les plans d’intervention. La chaîne d’alerte est activée, le plan d’intervention policier (PIP) – le plan mono-disciplinaire des services de police – est mis en place, le rappel des agents, des inspecteurs, des inspecteurs-principaux et des officiers qui ne sont pas de services est lancé. Alertée par la police, la Bourgmestre de Schaerbeek décide de déclencher le Plan d’Urgence et d’Intervention Communal (PUIC) et se rend aussitôt au centre de crise, dans les locaux de l’Etat-Major de la police zonale, où elle y sera également rapidement rejointe par les directeurs des autres disciplines (Pompiers, Secours médicaux, Protection civile, Information). Les opérations policières sur le terrain, sont alors dirigées à partir du dispatching zonal renforcé en conséquence. La structure prévue au PIP se met progressivement en place, au fur et à mesure de l’arrivée des renforts internes. Lez zones de police voisines dépêchent leur personnel disponible, dans le respect des protocoles d’assistance immédiate mutuelle. Entretemps le Superviseur et l’Officier de coordination organisent le terrain. Des évacuations sauvages des victimes se sont produites. D’autres personnes sont prises en charge par les services médicaux qui arrivent progressivement sur place. Dans l’école communale n ° 8, à proximité du lieu des faits, les personnes qui ont été évacuées ou qui ont spontanément quitté leur logis dévasté, sont rassemblées, mises à l’abri et réconfortées. Les services de police y sont présents et rejoints par les assistants de concertation de notre zone, qui prennent en charge ces aspects d’aide psycho-sociale. Dans la même école le Directeur Médical (Dir-Med) décide d’installer le Poste Médical Avancé (PMA), et ce bien à temps pour y accueillir les premières victimes, retirées des décombres instables par les pompiers qui prennent des risques énormes pour les secourir. Les victimes seront stabilisées au PMA avant d’être évacuées vers les hôpitaux. L’AVAP est aux côtés de leur famille. La Direction de la Circulation élargit petit à petit les périmètres, crée la zone orange et contrôle les points d’accès aux périmètres ainsi que les voies prioritaires pour l’arrivée et le départ des ambulances. Les trois disciplines (Pompiers, Médecins et Policiers) se coordonnent opérationnellement sur le terrain, les responsables échangeant constamment leurs informations pour une meilleure gestion des secours. De nombreux véhicules endommagés par le souffle de l’explosion ou par la projection de débris divers, sont enlevés un par un par le personnel de la circulation. Une zone de travail plus large est ainsi dégagée pour permettre la poursuite des opérations de sauvetage et de déblayement, et l’arrivée de camions et d’excavatrices nécessaires pour enlever les décombres encore instables. Les informations se recoupant lors d’un premier recensement, la mauvaise nouvelle se répand rapidement parmi les services de secours : trois personnes manquent à l’appel. Elles étaient présentes dans les trois immeubles touchés. Peu après 4 heures, alors que les opérations de sauvetage se poursuivent, les pompiers retrouvent une première personne malheureusement décédée. Les enquêteurs judiciaires, arrivés très rapidement sur le lieu de la catastrophe, ne peuvent encore avoir accès au site, vu les opérations de sauvetage en cours, mais ont déjà entamé un travail méticuleux, recensant les victimes, les personnes impliquées et notant scrupuleusement les nombreux dégâts provoqués par l’explosion. Ils sont rejoints sur place par les délégués du laboratoire de police technique et scientifique et par le Procureur du Roi. Vers 5 heures l’atmosphère se fait encore plus lourde, plus pesante. Dans les décombres les pompiers viennent de retrouver une seconde victime décédée. Pour tous cette découverte est prenante, comme un constat d’échec pour les sauveteurs qui gardaient en permanence l’espoir de retrouver encore des survivants. A l’école n ° 8 l’accueil est parfaitement organisé. La Croix Rouge apporte son soutien à ceux qui sont privés de tout, de leur logement. L’officier des pompiers le plus expérimenté (Directeur du Poste de Commandement opérationnel) après un examen minutieux, autorise cependant les premiers riverains à rejoindre les immeubles qui ne sont pas sinistrés ou qui sont faiblement touchés. La solidarité des habitants du quartier, des proches et des familles permet à certains de trouver un abri pour les heures qui suivent. Les services sociaux de la commune de la Croix Rouge et de la police ne ménagent aucun effort pour venir en aide à ceux qui devront passer le reste de la nuit et de la journée qui suit dans les locaux scolaires. Aux première lueurs du jour, on se rend encore mieux compte de l’étendue de la catastrophe et on se dit qu’on a sans doute assisté à un miracle, qu’il n’y ait pas plus de victimes décédées ou blessées, tant les stigmates de cette explosion violente sont importants. L’enquête judiciaire va encore durer trois jours, et les services communaux fermeront toutes les voies d’accès des nombreuses maisons, aux vitres et aux portes arrachées, maisons désormais inhabitables, pour redonner un aspect plus ou moins normal au quartier. Mais jamais plus les choses ne seront comme avant, tant pour les victimes, pour les habitants du quartier que pour les sauveteurs et nos policiers qui ont tout mis en œuvre pour venir en aide à cette population profondément meurtrie, à qui le corps de police tout entier manifeste son soutien.
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